Extraits

Lapidation originale

La commune de Saint-Josse – Les 3 Mohamed

(Les évènements du roman sont situés en 2011)

Hotel communal AJe n’en revenais pas quand je fus un jour à l’hôtel communal de Saint-Josse, une petite bâtisse à deux étages de style néoclassique qui venait de fêter les cent ans de son inauguration. Au rez-de-chaussée sont installés les services aux citoyens alors que les deux étages au-dessus sont occupés par le bourgmestre et les échevins qui constituent le collège de la commune, son organe exécutif. Mais c’est surtout le premier étage qui est déconcertant. Une suite de bureaux alignés côte à côte avec, sur la porte de chacun, une plaque affichant en gros caractères dorés le nom de l’échevin qui l’occupe. Comme une exposition de tableaux dans une galerie d’art. Deux plaques sont au nom de Mohamed, puis vient aussitôt un Ahmed. Deux Mohamed et un Ahmed. Côte à Côte. Je pensai tout d’abord à un carnaval. Un carnaval de déguisements de noms, comme le carnaval des masques de Venise. La commune avait peut-être des traditions festives permettant à son personnel de s’afficher avec des noms exotiques. Tradition festive et moyen thérapeutique pour lutter contre la pression des populations qu’on appelle respectueusement « allochtones », un terme qui s’applique plus à une espèce animale d’apparition récente dans une région donnée. Il n’en était rien. Ce n’était point un carnaval, sinon un carnaval à durée indéterminée. Un CDI. Les deux Mohamed et l’Ahmed étaient bien réels. Trois échevins sur un ensemble de sept. On n’était pas loin de la majorité absolue. Il y avait même un troisième Mohamed qui attendait dans la chambre des Conseillers, le parlement local, le moment de passer au niveau exécutif pour aller rejoindre les deux premiers Mohamed.
Trois Mohamed et un Ahmed dans l’administration de la commune. Une commune de Bruxelles. La capitale de l’Europe. J’en fus assommé. Je n’avais jamais vu, même dans les administrations du bled, une aussi grande concentration de Mohamed dans un si petit espace. Depuis le Big Bang jusqu’en 632 de notre ère, il n’y eut qu’un seul Mohamed sur terre. Le prophète Mohamed. Aujourd’hui, Bruxelles en pullule.
Un document ministériel belge confirma ce phénomène. Mohamed est bien le prénom le plus usité dans la capitale de l’Europe pour les garçons. Il est suivi d’Adam, pour la médaille d’argent, et d’Ayoub pour le bronze. Viennent ensuite Rayan, Mehdi, Amine et Hamza. Tous musulmans…    Hotel communal B
C’est ainsi que les mosquées prolifèrent et que les églises disparaissent. On en arrive à une moyenne de cinq mosquées pour une église par commune. Comment ne pas y voir un signe de la puissance de l’islam ? D’autant que les Mohamed et l’Ahmed, ces valeureux échevins hissés sur les piques de l’étendard socialiste au-dessus des foules modelées par la foi islamique, se sont retrouvés aux postes de responsabilité sans qu’il leur soit demandé de réaliser la moindre revendication sociale, économique ou autre. Quand on demande au premier Mohamed quel est son programme politique, il prend une allure napoléonienne, fourre la main droite dans la poche de son pantalon, explore les environs et clame haut et fort : « Moi, je peux satisfaire plusieurs femmes à la fois ». Quant au second Mohamed, son programme politique est plus modeste. Il consiste juste à se débarrasser du premier Mohamed. Ahmed, beaucoup plus ambitieux, poursuit, lui, inlassablement un programme politique à double objectif : éjecter les deux Mohamed hors du collège de la commune. C’est, tient-il à se justifier, un objectif à visée politique, à portée sociale, à tendance socialiste et à retombée bénéfique personnelle.
Publicités